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Rémunération du dirigeant : êtes-vous sûr d’avoir pris les bonnes décisions ?

La rémunération du dirigeant : un levier patrimonial sous-estimé

 

Pour un même coût entreprise de 200 000 €, la forme juridique de la société peut générer un écart de revenu disponible annuel important. Un différentiel qui, sur la durée, impacte significativement le patrimoine du dirigeant mais également ses revenus à la retraite et sa protection sociale.

Passez de la théorie à la pratique.

Trois temporalités pour structurer sa rémunération

Une stratégie de rémunération efficace s’organise autour de trois horizons : les besoins mensuels immédiats, les revenus complémentaires annuels, et la capitalisation des excédents à long terme. Chacun appelle des arbitrages distincts.

1. Le choix de la structure : SARL ou SAS ?

Exemple : Pour un coût entreprise annuel de 200 000 €, un gérant majoritaire de SARL marié et père de deux enfants dispose d’environ 118 000 € de revenus disponibles, contre 108 000 € pour un président de SAS, soit 8 000 € supplémentaires.

Cette différence tient notamment au régime social des indépendants, moins onéreux que celui des assimilés salariés applicable aux dirigeants de SAS.

Cette économie devra bien sur être mise en regard d’autres considérations afin d’arbitrer en connaissance de cause : perte de cotisations retraites induites, modification de la protection sociale, impacts juridiques notamment quant à la gouvernance et la transmission.

2. Rémunération ou dividendes ?

En la matière, les apparences sont trompeuses. Si les dividendes semblent fiscalement attractifs, ils ne génèrent aucun droit supplémentaire à la retraite. Leur imposition est par ailleurs portée à 31,4 % depuis la loi de financement de la sécurité sociale 2026, en raison de la hausse de la CSG. Dans certaines configurations, notamment en SARL, augmenter la part de rémunération permet de réduire l’assiette de l’impôt sur les sociétés tout en améliorant les droits futurs. Une simulation personnalisée reste indispensable pour mesurer l’impact réel de chaque option.

3. Capitaliser les excédents et rééquilibrer le patrimoine privé et professionnel

 C’est le troisième levier qui détermine la qualité des revenus une fois l’activité professionnelle réduite ou cessée. Le dirigeant aura bien souvent privilégié son patrimoine professionnel au détriment d’un développement d’une épargne financière. Orienter méthodiquement les excédents vers des enveloppes adaptées : PER, assurance-vie, tontines, permet de corriger progressivement cet équilibre tout en organisant les flux de revenus futurs selon une temporalité maîtrisée, certaines enveloppes pouvant être directement financées par l’entreprise en toute légalité.

La question de la holding

Pour les dirigeants dont l’entreprise génère des bénéfices distribuables significatifs, la création d’une holding offre un cadre particulièrement adapté à la planification des revenus futurs. Les dividendes distribués par la société opérationnelle, ainsi qu’à terme le produit de cession de ses titres, évitent la fiscalité personnelle immédiate et peuvent être réinvestis dans leur quasi-totalité.

Ce mécanisme d’encapsulement crée un effet de capitalisation : la fiscalité est différée, et les revenus peuvent être distribués progressivement afin de maîtriser les tranches d’imposition et d’éviter le déclenchement des contributions sur les hauts revenus.  Mais là encore, il conviendra en cas d’enjeux importants d’éviter certains réinvestissements jugés somptuaires et désormais mal traités par le législateur.

Distribuer une partie de ces liquidités vers la sphère privée et donc rééquilibrer le patrimoine privé et professionnel répond à d’autres objectifs. Certaines enveloppes, au premier rang desquelles l’assurance-vie, ne sont ainsi accessibles qu’à titre personnel. Au-delà de leur rôle dans la constitution de revenus complémentaires, elles améliorent sensiblement la protection des proches : les capitaux transmis aux bénéficiaires désignés bénéficient d’une fiscalité successorale favorable, réduisant le coût de la transmission.

Distribuer aujourd’hui permet également de figer une fiscalité connue : l’avenir de la flat tax, actuellement portée à 31,4 %, reste incertain, et un retour au barème progressif de l’impôt sur le revenu, dont les taux s’envolent jusqu’à 45 %, ne peut être exclu. Cristalliser les distributions dans un cadre fiscal maîtrisé constitue donc, en soi, un arbitrage pertinent.

Anticiper dans un environnement fiscal mouvant

Une stratégie de rémunération différée suppose de penser simultanément l’entrée et la sortie des flux, en intégrant les aspects fiscaux, sociaux, civils et successoraux. La structure juridique, les modalités de rémunération, le choix des enveloppes de capitalisation et l’opportunité d’une holding forment un ensemble cohérent qui ne peut s’apprécier qu’en tenant compte de la situation globale du dirigeant : ses besoins immédiats, ses objectifs patrimoniaux et la protection de ses proches.

Dans un contexte juridique et fiscal en évolution permanente, les arbitrages réalisés aujourd’hui conditionnent directement l’environnement patrimonial du dirigeant pour les temps à venir. Anticiper aujourd’hui, c’est se donner le choix demain ! Un accompagnement personnalisé, régulièrement réévalué est ainsi la condition d’une stratégie sereine et efficace. Parlons-en !

Passez de la théorie à la pratique.

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